Tiznit, entre légende et histoire

Publié le par Cécile

Tiznit, entre légende et histoire

D'après l'article de R.Agrour, historien chercheur à l'IRCAM, Rabat Maroc

La légende fondatrice de la cité de Tiznit s’est développée autour de l’image de la sainte femme Lalla Zniniya. Venue du Nord elle s'est arrêtée épuisée en ce lieu désertique. Elle déplora sa conduite passée avec toute sincérité et fit preuve d'un tel repentir que dieu, pour lui manifester son pardon, fit jaillir à ses pieds une source : Ain El-Kdim. La légende fondatrice de la cité de Tiznit s’est développée autour de l’image de la sainte femme Lalla Zniniya. Venue du Nord elle s'est arrêtée épuisée en ce lieu désertique. Elle déplora sa conduite passée avec toute sincérité et fit preuve d'un tel repentir que dieu, pour lui manifester son pardon, fit jaillir à ses pieds une source : Ain El-Kdim.

Tiznit, entre légende et histoire

La fondation de Tiznit est déclinée en plusieurs versions aussi bien dans la culture orale qu'écrite. Le nom de la sainte, Zniniya, est une arabisation du nom de la cité : Tiznit. Dans les versions écrites, c’est elle seule qui découvre la source alors que dans les versions orales c’est à sa chienne que l’on attribue cette découverte. Les « telba » originaires des tribus ennemies de celle des Aït Tznit cherchent à ternir l'ascendance de leurs adversaires. En prêtant la découverte à la chienne de Zniniya ils la comparent à un animal qui ne mérite que le mépris. En arabe littéraire, le terme de « zina » désigne l’adultère ; ce mot est passé dans l’arabe dialectal (darija) sous la forme « zna » avec le sens général de fornication.

Pour les telba les habitants de Tiznit seraient des « ouled zina » (adultérins) en arabe littéraire ou des « ouled zna » (enfants du pêché) en darija.

On peut aussi supposer que c’est le rapprochement du terme « znata », désignant certaines populations amazigh, au mot arabe « zna » (ou zina) qui est à l’origine d’un rejet général et unanime des Zénètes (Znata) au Maroc.

Tiznit, entre légende et histoire

La tradition orale attribue la découverte des sources dans la région de Tiznit à des chiennes. Celle d’El Aouina a été découverte par la chienne d’un berger, celle d’Agjgal du Tazeroualt par la chienne d’un chasseur. Dans une des versions de la légende de la source de Tiznit, recueillie sur place en 1917 par un militaire français, on retrouve la chienne d’un mystérieux chasseur, qui serait l’« ami », le « compagnon » de Lalla Zniniya. Les mythes attribuent au chien des caractéristiques d’impureté et de souillure. Dans toutes les mythologies du monde le chien est associé aux lieux obscures et mystérieux. Sans doute que la légende originale de la découverte de la source de Tiznit ne faisait référence qu'à un chasseur accompagné de sa chienne. Et ce serait sous l'influence d'écrits de telba, ennemis de Tiznit que le personnage disparaît peu à peu pour laisser place à une femme repentie, Lalla Zniniya. L'image de la chienne a disparu des versions écrites.

Moulay Hassan 1erMoulay Hassan 1er

Moulay Hassan 1er

Ahl Tiznit est à l'origine une tribu berbère. Elle est indépendante du pouvoir central jusqu'à 1882, date à laquelle Moulay Hassan Ier a soumis les tribus de la région. La création de ce poste militaire avait pour but de contrôler l'arrière pays, particulièrement la puissance maraboutique de Tazerwalt, et de protéger d'une pénétration européenne depuis l'Atlantique.

Les habitations furent réunies au sein d’une seule enceinte protectrice pour former la ville. La construction de celle-ci prit deux années de travaux financés par les revenus du port d’Essaouira. Comme tous les grands ouvrages défensifs du Maroc, l’enceinte de Tiznit fut bâtie selon le modèle des fortifications des villes marocaines. Celle-ci est une ligne de remparts de 7 km de long et 8 m de haut flanquée de tours au nombre de 56 et percée par cinq portes historiques. Les maisons sont de type traditionnel et rappellent, pour certaines, les grands riads de Marrakech. Parmi les monuments qui caractérisent la ville de Tiznit on trouve le palais du Khalifa (Qasr el khalifi) qui abritait le représentant du Sultan, la place du Méchouar et la grande mosquée.

Tiznit, entre légende et histoire
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Tiznit, entre légende et histoire
Tiznit, entre légende et histoire

Tiznit est située entre le massif de l’Anti-Atlas et l’océan Atlantique. Le climat y est sec et aride avec une influence océanique. Il n'y pleut pas suffisamment compte tenu des besoins actuels tant pour l’agriculture que pour l’eau potable. La moyenne annuelle des températures est de 25°C avec un maximum de 33°C au mois d’août et un minimum de 18°C au mois de janvier.

La population de la ville de Tiznit est majoritairement amazigh. La croissance de la population de Tiznit est principalement due à l’exode rural (déplacement de la population rurale vers le centre urbain), à la transformation de Tiznit en chef lieu de la Province et à un taux élevé de natalité.

Tiznit, entre légende et histoireTiznit, entre légende et histoire
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Tiznit, entre légende et histoireTiznit, entre légende et histoire

Les artisans de Tiznit se sont spécialisés essentiellement dans la production des bijoux (Tiznit ville d’Argent) et dans le travail de cuir (confection des babouches et sandales). Ils sont organisé par corps de métiers en coopératives et en associations. Tiznit a pu accéder au rang de leader national dans le domaine de la joaillerie argentée. La créativité des joailliers est un héritage culturel authentique qui a évolué du stade de la production locale vers la production pour les marchés régionaux, nationaux et internationaux. L'authenticité de l'art traditionnel, la qualité et l'innovation font de Tiznit la ville d’argent par excellence. 30 % des activités productives et commerciales liées à l'artisanat sont localisées autour des places et des ruelles jouxtant la place Méchouar.

Publié dans Immersion en culture

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