Les femmes, leurs droits et leurs libertés

Publié le par Cécile

Les femmes, leurs droits et leurs libertés

Les femmes au Maroc n'ont pas encore acquis les mêmes droits que les hommes. Dans certains domaines elles en sont même très loin.

Depuis l’institution du Code de la famille en 2004, des progrès importants ont été réalisés. La Constitution de 2011 a fait un grand pas en avant en bannissant toute forme de discrimination : « le Royaume du Maroc s’engage à bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque en raison de sexe ». Celle-ci consacre dans son article 19 l’égalité entre les deux sexes. En outre, le Maroc a ratifié plusieurs conventions internationales pour la protection des droits des femmes, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et le Pacte des droits économiques et sociaux.

La présence de la femme dans le monde politique est l'un des aspects remarquables de l'expérience marocaine. Cette autonomisation politique des femmes, a permis d’entreprendre une batterie de mesures législatives pour accroître la présence et la représentativité de la femmes au sein des institutions élues aux niveaux national, régional et local. Dans tous les domaines d'activité les femmes sont présentes : gouvernement, justice, diplomatie, patronat...

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Cependant les recommandations émises par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU n'ont pas eu l'impact attendu.

L'article 1 de la constitution marocaine met en évidence « le cadre spécial des constantes fédératrices de la nation marocaine, à savoir la religion musulmane modérée, l'unité nationale avec ses multiples composantes, la monarchie constitutionnelle et le choix démocratique ». C'est pourquoi le Maroc n'acceptera « pas ces recommandations car elles sont en contradiction avec ces constantes fédératrices ».

Nouzha Skalli (ancienne ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité 2007-2012) dénonce un interminable combat contre l'hégémonie sexiste de la société marocaine.

« En 1993, nous sommes partis de pratiquement zéro droits mais malgré les avancées, notre frustration reste grande car la Moudawana (code du droit de la famille marocain) qui se fait âgée n’a toujours pas été mise en adéquation avec la Constitution. »

« Depuis 2011, nous étions en droit d’espérer la création d’une vraie autorité pour la parité et la lutte contre les discriminations et une loi qui punisse efficacement les auteurs de violence contre les femmes. Rien de tout cela n’a vu le jour à cause de l’idéologie rétrograde qui prédomine au sein du gouvernement et encourage indirectement des formes de violence inédites qui se développent au Maroc (battre sa femme en public ou la tuer sous l’accusation d’adultère). »

« A-t-on jamais vu Abdelilah Benkirane dire publiquement que les femmes étaient les égales de l’homme ? », conclut-l’ancienne ministre.

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Les discriminations qui touchent les femmes sont de plusieurs ordres. Elles sont les plus touchées par l'analphabétisme.

Les conditions de travail dans les mondes ouvrier et rural sont très dures.  La part des accouchements assistés par du personnel médical ne couvre pas les besoins. Seulement 63 % (2014) de femmes bénéficient de cet accompagnement, ce qui génère un taux de mortalité maternelle élevé.

La criminalisation des mères célibataires est toujours d'actualité. Les femmes homosexuelles sont toujours pénalisées. Des jeunes filles mineures de moins de 16 ans sont encore mariées de force. Le dénigrement et la pauvreté jettent beaucoup de femmes à la rue où elles sont très exposées au dangers et vulnérables. La toute nouvelle loi sur les violences faites aux femmes aura-t-elle l'impact attendu ?

 

 

Publié dans Etre femme

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