A l'école

Publié le par Cécile

Le petite école est là, perdue loin des habitations. Sur le mur d'enceinte de jolies fresques colorées. Brahim et Mahdi me conduisent à l'intérieur de leur logement qui est collé aux classes et qui ressemble à tous les logements de célibataires… Mahdi me prête un pull sec, le mien est trempé et j'ai froid. Puis les garçons me font visiter les classes encore vide d'enfants. Les cours ne commencent qu'à 14h. Le matériel est usagé mais même sans enfants on voit que les pièces sont investies. Dessins, cartes, alphabets sont accrochés au mur, piles de livres et de cahiers, découpages, poteries posés sur des tables. Je ne comprends pas les caractères arabes mais devine derrière chaque affichette les mêmes leçons que tous les enfants ont quand il s'agit d'apprendre à lire, écrire et compter.

Pour conserver l'anonymat aucun des enfants sur les photos ne sont de l'école visitéePour conserver l'anonymat aucun des enfants sur les photos ne sont de l'école visitée

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Première chose en arrivant, aller chercher l'eau. Madhi et moi traversons la route avec quelques bidons vides que nous remplissons à la citerne. Deuxième chose préparer le thé. Troisième chose préparer le tajine. Dans leur chambre-salon-dressing-bureau où nous dégustons le breuvage les anecdotes et les rires fusent. Les garçons m'expliquent aussi les projets de classe, leurs outils et méthodes pédagogiques. Dehors les enfants commencent à arriver. Seul, par deux ou à plusieurs avec tous leur cartable sur le dos.

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Curieux ils me regardent à la dérobée avec en coin un petit sourire. Ils viennent me serrer la main. Certains la portent aux lèvres et l'embrassent. Je suis gênée mais je le prends aussi comme une grande marque de respect de leur part. Les fillettes se regroupent derrière nous contre le mur, tandis que les garçons se retrouvent à l'opposée et chahutent. Le soleil m'éblouit maintenant. Les enfants s'agitent. Il est l'heure d'aller en classe.

Les deux enseignants regagnent leur classe. Je vais me poser dans leur pièce à vivre pour consulter mes messages et facebook. Oui ! L'important quand on prend un poste dans les villages reculés, m'a dit Brahim, il faut trois choses : l'eau, l'électricité et le wi-fi ! Un peu après je suis sortie pour me balader au milieu d'un paysage magnifique.

A l'écoleA l'école
A l'école
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Après la récréation-tajine de 15h30 j'ai pu me faire petite souris et assister aux deux dernières heures de la classe de Brahim. Les tables disposées en grand carré, les élèves, filles et garçons se voient tous. Ils sont répartis par groupes de niveaux, les plus jeunes à ma droite les plus grands à gauche. Brahim les interpellent, il pose des questions. Les mains se lèvent « Sh Sh Sh Sh Sh Sh », « Sh Sh Sh Sh Sh Sh », « Sh Sh Sh Sh Sh Sh », les enfants demandent la parole au professeur. Debout chacun cherche à être celui qui va être interrogé. Séance de lecture-boomerang : un enfant lit sur son cahier le début d'un poème. Un défaut de lecture, de prononciation, Brahim demande à la classe de corriger l'erreur. Aussitôt la bonne réponse donnée un autre enfant est désigné pour continuer le poème. D'une erreur à l'autre la parole est redistribuée très rapidement. Les enfants sont pris au jeu. Ils s'amusent. D'autres exercices se succèdent sur un rythme endiablé. A aucun moment je ne vois un enfant relâcher l'attention. Brahim est chef d'orchestre et ils jouent leur partition.

Ma petite voisine depuis le début de la séance reste cachée derrière son foulard. Le temps d'un entre deux exercices je soulève tout doucement le tissu rouge et lui fais un petit coucou. Vite, vite, elle se cache à nouveau. Je recommence et aperçois un sourire. Je recommence une fois, deux fois… Elle se dandine, je la chatouille ! Mais le professeur se retourne ! J'arrête. Autant elle est restée silencieuse et cachée avant, autant elle se lance en avant sur son bureau maintenant comme les autres pour demander la parole.

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Après la classe les élèves ont repris la route de chez eux. Certains vont au bled voisin, d'autres un peu plus loin, certains en ont pour 3 heures de marche pour retrouver leur maison. Je n'en ai pas parlé jusque-là mais la condition de ces enfants est criante de pauvreté. Leurs petites frimousses souriantes ne mesurent sans doute pas leur situation. Mes yeux voient des vêtements dépareillés, des petites mains sales, des sandales pleines de poussière. Ils vivent une vie d'enfant qui doit leur sembler parfois pénible. Dans les maisons il n'y a pas toujours l'électricité, alors quid de la télé et des téléphones portables... Mais comme tous les enfants ils jouent, ils rient, ils courent, ils sautent… Je suis touchée en plein cœur.

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Publié dans Les enfants du pays

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